[Vidéo] L’armée syrienne libre (ASL) soutenue par l’Occident massacre les captifs
Dès le début des troubles en Syrie nous avons contesté le fait qu’il y aurait eu des « rebelles modérés » en Syrie. [SC]
Article publié initialement en 2012.
Cette
vidéo montre des exécutions commises par les combattants de la brigade
« Mountain Shield »de l’« armée syrienne libre » (ASL) contre des hommes
portant des vêtements civils, le 1er novembre 2012, à l’ouest de la
ville de Saraqeb dans la province d’Idlib. (*)
« AFP PHOTO/YOUTUBE »
Attention images très dures
L’ASL massacre des Syriens fidèles au gouvernement Assad [le 01.112012]
On
y voit les barbus de l’ASL [*] commettre des actes d’une cruauté
insoutenable contre des captifs à terre, qu’ils brutalisent, piétinent,
blessent, aux cris de « Allah Akbar », avant d’ouvrir le feu sur eux…
Combien
de captifs ont été exécutés le 1er novembre à cet endroit par les
combattants de l’ASL ? Le chiffre de 28 avancé par l’Observatoire syrien
des droits de l’homme (OSDH), pourrait être bien plus important. Nous
ne nous fions pas aux chiffres qui émanent de l’OSDH et que nos médias
répercutent aveuglément. L’OSDH, quoiqu’ils en disent, est une officine
de pure propagande créée en 2006 par des opposants au régime Assad sous
l’impulsion du mouvement des Frères musulmans.
Ces actes de
sauvagerie, les opposants armés les commettent depuis le début de
l’insurrection ; cela nous l’avons documenté [1]. Or, 69% des Syriens
rejettent la violence ainsi que l’intervention extérieure. [2]
Mais
la presse traditionnelle, l’ONU, les organisations de défense des droits
humains, Amnesty International en tête, n’en ont généralement rien dit
jusqu’ici, privilégiant la fable du « dictateur sanguinaire » Assad, qui
« massacre son propre peuple » de façon à légitimer le soutien apporté
par les occidentaux à l’insurrection, ainsi que l’envoi en Syrie
d’armes, d’agents et de groupes de combattants étrangers. Les entendre
aujourd’hui 2 novembre réagir, suite à la diffusion de cette vidéo sur
Internet montrant des exactions et des exécutions commises par l’ASL,
comme si c’était la première fois que cela se produisait, ne les
innocente pas.
Les combattants de l’ASL ont commis deès le départ des
atrocités faisant de nombreuses victimes civiles, qu’Amnesty
International et Human Right Watch, deux des principales organisations
internationales des droits de l’Homme, ont ignorées ou attribuées
généralement à l’armée régulière ou à des gens présentés comme étant des
« Shabiha » [3], (milices pro-Assad), alors qu’il s’agit de simples
citoyens qui tentent de se défendre car menacés d’être tués par le
simple fait qu’ils sont fidèles au gouvernement] comme, par exemple dans
le cas du carnage de Houla [4] et de Déraya [5].
Les « grands
reporters », l’Union européenne, la Commission des droits de l’homme de
l’ONU, Amnesty International, Médecins sans frontières (MSF), etc, ont
délibérément ignoré les crimes perpétrés dès mai 2011 en Syrie par les
groupes terroristes, groupes qu’ils légitiment en les qualifiant
d’« opposants », de « révolutionnaires », de « résistants » ; tout comme
ils ont passé sous silence les grandes manifestations populaires en
soutien au gouvernement Assad. [6]
Il convient de signaler qu’Amnesty
a des méthodes d’enquête douteuses. Depuis 2007 elle maintient des
liens étroits avec Rami Abdel Rahman, dirigeant de l’OSDH, un organisme
partisan. C’est donc en grande partie sur les décomptes et les
témoignages d’actes de torture et chiffres fournis par l’OSDH, que
les« chercheurs » d’Amnesty consignent dans leurs rapports des éléments
attribuant unilatéralement la responsabilité des atrocités à la partie
gouvernementale. Nadia Boehlen, porte-parole d’Amnesty International
section Suisse, a du reste avoué sur Radio suisse romande le 14 mars
2012, qu’Amnesty « est partenaire de l’OSDH depuis 2007 ; nos chercheurs
considèrent Rami Abdel Raman comme une source fiable…on effectue
ensuite nos propres méthodologies… »
Le rôle particulièrement
choquant joué par Amnesty International, et notamment par Suzanne
Nossel, directrice exécutive pour Amnesty USA, a été déjà été vivement
dénoncé [7]. Nous avons constaté que Manon Schick directrice générale
d’Amnesty en Suisse s’est, elle-aussi, totalement alignée sur les
puissances qui cherchaient à faire passer au Conseil de sécurité une
résolution ouvrant la porte à une intervention étrangère qui, comme on
l’a vu en Libye, ne permettrait nullement d’assurer le respect des
droits de l’homme. Le 29 février 2012, lors de l’émission Infrarouge de
la Télévision suisse romande, elle appelait à « garantir un couloir
humanitaire » et à faire « pression sur la Russie » pour obtenir le feu
vert à une intervention militaire, en accusant le régime de Bachar
el-Assad de « crimes contre l’humanité », mettant ainsi au pilori un
gouvernement qui défend tant bien que mal son peuple agressé par des
bandes armées soutenues sur le terrain, depuis le début des troubles,
par des mercenaires et des agents étrangers.
Les hommes massacrés ici
ce sont des travailleurs, et non pas, comme les médias traditionnels
l’ont affirmé, des soldats de l’armée régulière. Et même, fussent-ils
des soldats rien ne justifie de pareils actes de sauvagerie.
Silvia Cattori | 2 NOVEMBRE 2012
Post scriptum (13 novembre 2012)
Human
Right Watch et Amnesty International – après 18 mois de soutien à la
politique d’ingérence de la coalition anti-Assad et de silence face aux
exactions commises par les « rebelles » – après l’apparition de
plusieurs vidéos, ont appelé, le 13 novembre 2012, la coalition de l’
« opposition syrienne à placer en tête de ses priorités la lutte contre
les exactions commises par les rebelles ».
HWR, affirme dans un
communiqué, que la coalition « doit adresser un message clair aux
combattants de l’opposition pour qu’ils respectent les lois relatives à
la guerre et aux droits de l’Homme et leur faire savoir que ceux qui les
violeraient seront tenus pour responsables ».
Amnesty International,
Londres, a demandé à la « nouvelle direction de l’opposition de
surveiller et empêcher les violations par ses forces des lois afférentes
aux droits de l’Homme ». Tout cela n’est qu’hypocrisie ! Amnesty
peut-elle vraiment croire que les insurgés, qu’elle qualifie
honteusement d’ « opposition » – et que l’on voit depuis 18 mois, sur
des vidéos, torturer et exécuter aux cris d’ « Allah Akbar » des
Syriens fidèles à Damas – cesseront les « violations de lois afférentes
aux droits de l’Homme » ?
(*) An image grab taken from a video dated
on November 1, 2012 and uploaded on YouTube shows Syrian lying on the
ground before being executed by rebel fighters at the Hamisho checkpoint
near Saraqeb. The video shows armed rebels kicking and executing their
prisoners after they forced them to lie down in the destroyed structure
of the checkpoint. AFP
[1] Voir par exemple :
« Des groupes islamistes armés sont à l’œuvre en Syrie », par Joshua Landis, Syria Comment, 3 août 2011.
http://www.silviacattori.net/article1789.html« Syrie : Les meurtres confessionnels ensanglantent Homs », 26 novembre 2011.
http://www.silviacattori.net/article2424.html« Résister
aux milices armées soutenues par l’étranger est une question de survie
pour le peuple syrien », par Nadia Khost, 10 janvier 2012.
http://www.silviacattori.net/article2705.html« Une Syrienne, dont le frère a été tué à Homs par des « opposants », témoigne », par Nadia Khost, 2 février 2012.
http://www.silviacattori.net/article2790.html« Syrie : Des chrétiens enlevés, rançonnés et assassinés – Témoignage de Mgr Jeanbart », 4 février 2012.
http://www.silviacattori.net/article2780.html« Homs, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas », par Silvia Cattori, 6 février 2012.
http://www.silviacattori.net/article2787.html« Homs dans l’enfer des bandes armées », par Silvia Cattori, 23 février 2012.
http://www.silviacattori.net/article2861.html« Gunmen executing people in the streets – Homs eyewitness », Press TV, 2 mars 2012.
http://www.silviacattori.net/article2905.html« Qui est responsable des crimes en Syrie ? », par Nadia Khost, 11 mars 2012.
http://www.silviacattori.net/article2975.html« Syria police find 12 bodies mutilated by terrorists »,Press TV, 21 avril 2012.
http://www.silviacattori.net/article3130.htmlSyrie : « Une stratégie de la tension organisée par une coalition extérieure », par Silvia Cattori, 18 mai 2012.
http://www.silviacattori.net/article3235.html[2] Selon
un sondage réalisé en août 2012 par le think tank Turkish Economics and
Social Studies Foundation(TESEV) et dont le résultat vient d’être
publié dans un rapport titré “The perception of Turkey in the Middle
East 2012”.
[3] Voir : « Nous n’avons plus de mots. »
http://www.silviacattori.net/article3481.html[4] Voir :
« Journalist Marat Musin about Houla Massacre »,
maramus.livejournal.com, 30 mai 2012.
http://www.silviacattori.net/article3284.html« Le massacre de Houla perpétré par la rébellion syrienne », par Rainer Hermann, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 7 juin 2012.
http://www.silviacattori.net/article3310.html« “L’extermination.“ par les rebelles sunnites », par Rainer Hermann, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 13 juin 2012.
http://www.silviacattori.net/article3340.html« Massacre
of al-Houla : In Syria, there is more than just one truth », par Alfred
Hackensberger, Berliner Morgenpost, 23 juin 2012.
http://www.silviacattori.net/article3379.html[5] Voir :
« Syrie : Le massacre de 245 personnes à Déraya aurait été commis par
la rébellion », par Robert Fisk, The Independent, 29 août 2012.
http://www.silviacattori.net/article3605.html[6] Voir :
« Syrie : Les manifestations que les sympathisants de « l’opposition
islamiste » ne veulent voir », Al-Manar, 16 novembre 2011.
http://www.silviacattori.net/article2369.html[7] Voir :
« Amnesty International, agence de propagande du ministère des affaires
étrangères états-unien », par Tony Cartalucci, 3 septembre 2012
http://www.silviacattori.net/article3631.htmlSource:
http://www.silviacattori.net/spip.php?article3874Les « rebelles » exécutent deux enfants syriens chiites
Actes
de barbarie des groupes terroristes – parmi eux des mercenaires
étrangers – que les gouvernements de Sarkozy (*) et de Hollande ont
soutenus et appelé à armer. [La vidéo diffusée par les « rebelles » que
nous avions relayée a été retirée sans doute parce que cela les
desservait]
15 AOÛT 2013
Ces deux malheureux jeunes garçons,
accusés d’être des « Chabbihas » [des « voyous » qui soutiennent le
gouvernement Assad], ont été exécutés par les miliciens du groupe « Etat
islamique en Irak et au Levant », au Nord de la Syrie, dans le village
chiite de Nubbol, qu’ils assiègent depuis une année.
On voudrait
entendre à ce sujet les vaillants « reporters » entrés clandestinement
dans les zones « libérées » qui nous ont si longtemps présenté ces
groupes de criminels comme des « combattants pour la liberté ».
Silvia Cattori | 15 AOÛT 2013
(*) Voir :
« Gérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie », par Silvia Cattori, 21 juin 2012.
http://www.silviacattori.net/article3350.html« Syrie : Les victimes des bandes armées ignorées », par Silvia Cattori, 7 juillet 2012.
http://www.silviacattori.net/article3416.htmlSource:
http://www.silviacattori.net/spip.php?article4703https://youtu.be/2mo7jT5Zs4w